Comment revenir à l’instant présent ?

Marcher dans sa tête ou comment nos pensées nous prennent en otage.

Est-ce qu’il t’est déjà arrivé d’aller en nature pour déconnecter, te faire du bien, et qu’au bout d’un moment, tu réalises qu’en fait, tu n’as rien vu du paysage, tu ne sais même pas par où tu es passé, trop occupé par un flot ininterrompu de pensées ?

C’est ce qui m’est arrivé l’autre jour. J’avais besoin de marcher en forêt, de me ressourcer, d’être seule avec moi-même mais au bout d’un moment, j’ai réalisé que je n’avais pas été une seule seconde ni en forêt, ni avec moi-même. Les pensées, habiles à occuper tout l’espace, s’étaient alternées sans relâche au pont que la balade, c’était dans la tête que je la vivais ! Je ne me baladais pas, je me faisais balader…je marchais dans ma tête.

Je me suis arrêtée. Comment était-ce possible de se laisser attraper à ce point par des pensées que je n’avais ni invitées, ni choisies, ni autorisées ? Comment se pouvait-il qu’elles occupent l’espace au point que je n’aie presque aucun contrôle sur elles ?

J’ai enlevé mes sandales, ressenti la terre du sentier sous mes pieds. J’ai posé une main sur mon coeur. J’ai pris le temps de me poser, de saluer la forêt. Et j’ai choisi d’être présente à ce moment en nature, d’être vigilante, de ne plus me laisser happer par les flots de pensées.

J’ai vite remarqué que l’exercice était périlleux et que, à la moindre inattention, les intruses revenaient et cherchaient à m’enfermer dans ma tête. Cela n’a peut-être l’air de rien, parce qu’au fond, ça arrive à tout le monde, tout le temps ! Oui. Mais laisser faire, c’est laisser aux pensées le pouvoir de choisir pour nous ce que nous voulons faire et plus grave encore, c’est leur donner le droit de nous voler ce que nous avons de plus précieux au monde : l’instant présent.

Comment revenir à l’instant présent ?

Très vite, j’ai découvert deux manières très efficaces de les court-circuiter, de reprendre mon pouvoir et de me ramener dans l’instant présent lorsque je me sentais partir dans ma tête :

1- Utilise ta voix, lorsque tu parles à haute voix, ça te ramène tout de suite dans le corps. Pour ma part, je disais des mots comme « présence ! » ou « check » dès que je me sentais embarquée…effet retour sur terre garanti !

2- Elève ton regard. J’ai remarqué que les pensées parasites n’arrivent pas à s’accrocher lorsque le regard est légèrement au-dessus de la ligne d’horizon. Par contre, regarde le sol et tu les verras rappliquer dare dare.

3- Marche pieds nus. Non seulement ça permet à ton corps de se ressourcer et d’évacuer des tensions mais en plus ça a un effet de « mise à terre » puissant et de retour dans le corps. En marchant pieds nus, on est automatiquement plus présent dans notre corps, plus vigilant, donc davantage conscient…et moins dans notre tête.

En utilisant cette méthode pendant quelques minutes, j’ai senti que quelque chose « lâchait », se détendait…les pensées intruses perdaient du terrain tandis que j’en gagnais. Je commençais à profiter de l’instant présent, de la forêt, de la rivière…je regardais chaque arbre, chaque brindille avec reconnaissance…j’entendais les oiseaux et je remerciais toute cette vie du cadeau qu’elle me faisait. Mes pieds nus étaient stimulés par les inégalités du chemin et je recevais en prime un soin de réflexologie de la terre mère.

Un vrai bonheur s’est alors installé. Le stress diminuait. La tristesse que je ressentais ce jour-là aussi. La magie de la forêt agissait, le fait d’être pleinement présente à moi-même aussi.

Depuis, si je sens le lasso des pensées siffler au-dessus de ma tête, je lève les yeux vers la cime des arbres et je crie de bonheur : « présente ! ».

A toi qui me lis, je te souhaite plein de merveilleux moments vécus en conscience, avec toi-même, en nature ou avec les gens que tu aimes.

Avec tout mon amour.

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